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Questions courantes (FAQ)
Equipe RVRH

C’est quoi le RVRH ?

Le Rachitisme Vitamino-Résistant Hypophosphatémique (RVRH) est une maladie génétique et métabolique qui provoque généralement l’apparition de jambes arquées chez les enfants. Dans les cas de RVRH, le mécanisme corporel de formation et de maintenance des os et des dents ne fonctionne pas correctement. Un des éléments requis pour une croissance osseuse correcte est le phosphore inorganique. La caractéristique majeure du RVRH, à savoir un taux de phosphore sanguin trop faible, aussi appelée hypophosphatémie, résulte d’une mutation qui inactive un des gènes présents sur le chromosome X. Lorsque ce gène, appelé gène PHEX, présente la mutation, une protéine circulant dans le sang et appelée FGF23 est produite en plus grande quantité. Cette protéine est reconnue par les reins qui réagissent en éliminant le phosphore dans les urines. De plus, ce signal FGF23 provoque l’arrêt de l’activation par le corps de la vitamine D en une forme utilisable par le corps. La perte en phosphore par les reins empêche le maintien d’un niveau de phosphore approprié dans le sang.

Comment se dit RVRH en anglais ?

En Anglais, RVRH se dit XLH pour X-Linked Hypophosphatemia ou XLHR pour XLH rickets

Y a-t-il une seule mutation responsable du RVRH ?

Jusqu’à présent, plus de 250 mutations différentes du gène PHEX sur le chromosome X ont été identifiées. Un patient RVRH peut présenter une de ces mutations, ou une autre qui n’a pas encore été décrite. A travers le monde, chacun possède environ 10 mutations génétiques. Le plus souvent, ces mutations n’ont pas d’effet apparent. Cependant, comme dans le cas du RVRH, les effets peuvent être significatifs.

Est-ce que le RVRH affecte tout le monde de la même façon ?

Tous les patients RVRH manquent de phosphore dans le sang, mais la sévérité des symptômes osseux peut être très variable. Certains ont un taux de phosphore dans les normes (mais plutôt dans la portion basse des normes). De plus, le taux de phosphore dans le sang varie fortement durant la journée. Bas le matin, il monte durant la journée, et les repas modifient aussi ce taux de phosphore. Au minimum 5% des patients RVRH ne montrent aucun symptôme, et ce malgré un taux bas de phosphore sanguin. Une étude réalisée en 1994 aux USA a montré que les patients présentant des symptômes légers à modérés peuvent ne pas être diagnostiqués.

Fille ou garçon, qui est le plus atteint par la maladie ?

Bien que la mutation génétique responsable du RVRH se transmette de manière dominante, les filles présentent, en moyenne (!), des symptômes moins sévères. De grandes variations sont cependant observées d’une personne à l’autre, il est donc possible de trouver des filles plus atteintes que certains garçons.

Comment est-on atteint de RVRH ?

Le RVRH est une maladie génétique. Une proportion significative des patients n’ont pas d’antécédents familiaux, et sont donc considérés comme des cas spontanés. Les autres ont un parent atteint. La transmission de l’affection est dominante, ce qui signifie que tous les patients qui présentent la mutation présenteront l’affection, avec des symptômes d’intensité très variable.

Les hommes possèdent un chromosome X et un Y, alors que les femmes possèdent deux chromosomes X. Les filles reçoivent le chromosome X de leur père et un des deux X de leur mère. Les garçons reçoivent le Y de leur père et un des deux X de leur mère. De cette manière, si un homme est atteint de RVRH, toutes ses filles seront atteintes également, mais aucun de ses fils. Chaque enfant né d’une mère RVRH a pour sa part 50% de chance d’être atteint, en fonction du fait qu’il recevra ou non le chromosome X maternel portant la mutation.

Guérit-on du RVRH ?

Le RVRH est une maladie génétique. Jusqu’à aujourdh’ui, il n’existe pas de traitement curatif pour les maladies génétiques. Par contre, il est possible d’atténuer les symptômes du RVRH en utilisant des compléments alimentaires phosphatés et de la vitamine D activée pour compenser la carence chronique en phosphate (phosphore) et en vitamine D activée provoqués par le RVRH.

Pouvons-nous traiter le RVRH ?

Les traitements actuels apportent une amélioration dans de nombreux cas. Cependant, chaque patient y répond différemment.

Le traitement consiste en une forme active de la vitamine D, complémentée par des compléments phosphatés, par voie orale. Cette combinaison permet souvent d’obtenir un meilleur équilibre entre phosphate et calcium et permet de contrôler certaines hormones cruciales dans le métabolisme du calcium et du phosphore.

Ce traitement peut avoir un effet limité et présenter des effets secondaires qui nécessitent un monitoring périodique du patient, et ce à long terme. Comme les symptômes sont très variables, chaque cas est unique et demande un traitement adapté.

En général, lorsque le diagnostic peut être établi très tôt et le traitement débuté très jeune, les résultats sont d’autant meilleurs. La période de traitement la plus cruciale correspond à la croissance des enfants. Le traitement bien suivi permet de corriger les déformations des membres inférieurs. La plupart des enfants qui commencent le traitement avec des jambes très arquées deviendront des adultes avec les jambes droites.

Malgré tout, des chirurgies orthopédiques sont parfois nécessaires pour corriger des déformations trop prononcées des jambes, mais souvent, les conseils des spécialistes permettent d’obtenir de bons résultats avec les traitements, ce qui limite fortement le recours à la chirurgie.

La valeur ajoutée du traitement à l’âge adulte est toujours débattue. Il pourrait prévenir ou retarder l’usure prématurée des articulations, l’arthrite et les calcifications des membranes autour des articulations et entre les os.

Existe-t-il différentes formes de RVRH ?

La forme la plus commune de RVRH est causée par une mutation du gène PHEX. Il existe des formes (encore) plus rares dues à d’autres mutations génétiques. Ces mutations concernent d’autres protéines qui sont aussi responsables du maintien de la concentration en phosphore dans le sang, comme par exemple FGF23 ou DMP1.

Est-ce que le RVRH est fréquent ?

On estime que le RVRH concerne 1 personne sur 20 000. En comparaison, la mucoviscidose, une autre maladie génétique plus fréquente, concerne 1 personne sur 2500.

Comment est-ce qu’on diagnostique un RVRH ?

Les patients RVRH ont un taux de phosphore sanguin bas, qui peut être détecté après une simple prise de sang chez un médecin ou un laboratoire d’analyse. Cependant, les laboratoires d’analyse ne comparent pas toujours avec les normes adéquates (pour l’âge du patient), ce qui peut entraîner un mauvais diagnostic.

Tout particulièrement dans les cas où il n’y pas d’historique familial de la maladie, d’autres tests sont nécessaires pour exclure d’autres forme d’hypophosphatémie ou de rachitisme.

Généralement dans las cas de RVRH, le phosphore sanguin est bas, le calcium sanguin est normal, les phosphatases alcalines sont assez élevées. Le taux de vitamine D est normal, hormis pour la forme activée (calcitriol ou 1,25-(OH) vitamine D3) qui est plus basse qu’attendu dans le cas d’un phosphore sanguin bas. Le taux de FGF23 circulante est souvent élevé.

Le rachitisme peut être observé par radiographie. Cependant, cela ne permet pas d’identifier la cause de ce rachitisme. Les jambes sont arquées, souvent de manière significative. Le médecin bien entraîné au diagnostique pourra même identifier sur les radios des lésions rachitiques, même avant que la courbure des jambes ne deviennent apparente. Cette courbure est souvent détectée par les parents lorsque les jeunes enfants commencent à marcher. Les problèmes dentaires, principalement des abcès dentaires répétés, sont également fréquents. D’autres symptômes, comme des douleurs osseuses, des douleurs musculaires ou des sensations de faiblesse sont rapportés également.

Peut-on obtenir un test prénatal ?

Techniquement, il est possible de déterminer si un embryon est porteur de la mutation du gène phex. Cependant, ces analyses restent délicates et nécessitent le recours à la fécondation in-vitro. Une des cellules du jeune embryon peut être prélevé sans risque. L’ADN de cette cellule est alors analysé pour déterminer si la mutation est présente.

Il existe cependant peu de centres spécialisés capables de réaliser cette procédure complexe avec un taux de réussite élevé.

Comment se transmet le gêne atteint ?

Le gène responsable du RVRH est le gène phex. Ce gène est situé sur le chromosome X. La mutation sera transmise avec ce chromosome X. Celui-ci est présent en un exemplaire chez les hommes (qui sont XY) et en deux exemplaires chez les femmes (XX). Les enfants recoivent un des deux chromosomes sexuel de chacun des parents. les garçons reçoivent obligatoirement le Y de leur père.

Donc, un père porteur de la maladie transmettra son X à ses filles (qui seront donc obligatoirement atteintes) et son Y à ses fils (qui ne seront pas atteints). Une mère RVRH porte en général la mutation sur un seul de ses 2 chromosomes X. Donc, elle transmettra la maladie à 50% de ses enfants, indépendamment de leur sexe.

Comment trouver un spécialiste ?

Il existe un centre de référence des maladies rares du métabolisme du calcium et du phosphore. Celui-ci regroupe des médecins spécialistes qui peuvent conseiller de manière optimale les patients.

Un RVRH peut-il participer à des activités physiques ?

Les activités physiques sont bénéfiques à la santé et au maintien de la masse osseuse. Ils ne sont donc pas contre-indiqués aux patients XLH. Cependant, il est important pour le patient RVRH, et spécialement pour les enfants, de maintenir un suivi médical approprié et de discuter des pratiques sportives les plus adéquates avec son médecin spécialiste.

Est-ce que les problèmes dentaires sont associés aux RVRH ?

Des troubles de la formation des dents sont associés très fréquemment au RVRH. Ceux-ci causent souvent des abcès dentaires qui ne sont pas lié à une mauvaise hygiène dentaire, mais résultent d’une formation défectueuse de certaines structures de la dent, comme la dentine. Comme les symptômes osseux, les problèmes dentaires varient significativement d’un patient à l’autre.

Est-ce qu’il y a des recherches effectuées sur l’utilisation de l’hormone de croissance pour les patients RVRH ?

Il y a eu de nombreux programmes de recherches clinique utilisant l’hormone de croissance pour augmenter la taille des jeunes patients durant leur croissance. Néanmoins, d’importantes variations (entre les études) dans la manière d’ajouter l’hormone de croissance dans le traitement, dans les doses étudiées et dans la manière de mesurer l’action de cette molécule n’ont pas permis à ce jour de dégager un consensus sur l’efficacité du traitement. Les études les plus récentes concluent néanmoins de manière convergente à une efficacité du traitement. Les prochaines études permettront sans doute de renforcer cette conclusion.

Est-ce que des problèmes de surdité sont associés aux RVRH ?

Bien qu’aucune étude scientifique n’ait encore étudié cet aspect, un sondage réalisé sur le réseau de patient américain XLH Network a montré que environ 10 % des patients RVRH présentaient des altérations de l’audition. Comme ce pourcentage est supérieur au pourcentage de problèmes auditifs dans la population normale, on peut effectivement penser qu’il existe un lien avec le RVRH. La nature de ce lien reste donc à identifier.

Est-ce vrai que le RVRH n’est pas une maladie des reins ?

En effet, bien que les reins jouent un rôle important, ce ne sont pas eux les responsables de la fuite du phosphore. Une expérience a montré que des reins d’une souris malade transplantés dans une souris saine ne reproduisaient pas la maladie. Mais la surcharge de travail pour les reins d’un RVRH et la durée prolongée des traitements peuvent entraîner des calculs néphrétiques et plus rarement une insuffisance rénale. Les examens sont donc très importants pendant le suivi d’un traitement.